« This is the end… » … quoique ?

Bien chères toutes, bien chers tous,

Ce n’est pas fini… ça bouge… enfin !

Désolé de vous avoir abandonné, chères lectrices et lecteurs. J’étais un peu ailleurs… dans mes ruches, sur la toile ou sur du papier.

Le rucher « Kleinhoogveld » se porte à merveille: 6 ruches bien costaudes en ce début d’automne. Et surprise, grâce à un mois de juin particulièrement pluvieux, j’ai eu droit à une petite récolte de miel de châtaignier… Les fleurs de tilleul ayant énormément souffert de la pluie, il ne restait plus que ce nectar à engranger. Mes envies de Cévennes s’en trouvent exhaussées de manière bien particulière…

Par contre, terminés les petits billets de vulgarisation humoristique, biologique et apicole. Je me suis concentré sur la vulgarisation de mon cœur de métier: le graphisme. Pour ceux que ça intéresse c’est ici. Et pour ceux qui aiment bien apprendre les sciences en s’amusant je vous conseille l’excellent blog de Marion Montaigne.

L’écriture autour de mon autre métier (… disons de mes autres amours) vous la retrouverez dans la Gazette de l’Arbre aux Abeilles aux cotés de mon ami Yves et de nos compagnes respectives Michèle et Chantal. Une écriture à quatre mains qui ne manque pas de charme et de rigueur.

Et pour finir… le papier.

Écrire, devenir auteur c’est bien… mais devenir éditeur sur du vrai papier… ça c’est une œuvre ! C’est donc une nouvelle aventure qui commence et ça s’appelle Les choses imprimées.com

Voilà il est temps de vous remercier pour votre intérêt et pour votre fidélité. Il est temps de mettre fin à ce qui sera le dernier article de ce blog… mais vous savez comme moi qu’il ne faut jamais dire jamais.

À Dieu.

Pascal P.

TroisPoints

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Gravures à la Fête de l’abeille noire & des gastronomies traditionnelles & innovantes 2015

Cette galerie contient 3 photos.

Initialement publié sur La gazette des choses imprimées.com :
J’ai l’honneur et le plaisir de vous annoncer ma participation en tant qu’exposant (…et responsable de la communication graphique) à la deuxième édition de la “Fête de l’abeille noire & des gastronomies traditionnelles…

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Mini-conférence à la Fête de l’abeille noire & des gastronomies traditionnelles & innovantes

La gazette des choses imprimées.com

J’ai l’honneur et le plaisir de vous annoncer ma participation en tant que conférencier à la  “Fête de l’abeille noire & des gastronomies traditionnelles & innovantes” qui aura lieu ces 8 & 9 novembre 2014 à Pont-de-Montvert en Lozère (Cévennes).

Vous trouverez ici les informations sur cette manifestation qui s’annonce fort sympathique.

Pour ma part voici l’intitulé de la conférence : “L’art de l’étiquette – De l’art de donner une image de ce qui est contenu dans ce qui est à découvrir… ou comment éveiller le désir gastronomique”.

En dehors de la haute valeur culturelle du propos, sachez qu’il s’agit d’une conférence “verre en main” et que je garde pour l’occasion six bouteilles de ma cuvée personnelle d’hydromel 2013-2014.

Bienvenue à la Fête de l’Abeille Noire.

TroisPoints

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Fête de l’abeille noire & des gastronomies traditionnelles & innovantes

Je relais l’information: un programme alléchant sera bientôt en ligne sur le mini-site de la  “Fête de l’abeille noire & des gastronomies traditionnelles & innovantes” que vous pouvez trouver ici > L’Arbre aux Abeilles

En attendant voici le “pitch”:

« … il n’est nul art au monde,
auquel soit requis une plus grande Philosophie qu’à l’agriculture. »
Bernard Palissy (1563)

« Les montagnes des Cévennes conservent des savoir-faire et des saveurs traditionnels, actualisés par des agriculteurs innovants.

Venez les rencontrer, goûter ce qu’ils élaborent autour des ruches troncs et de la châtaigneraie: miels, hydromels, vins naturels, fromages de chèvre…

Ils vous parleront de leurs ­pratiques. Dans les demeures anciennes et cafés du village de Pont-de-Montvert vous attendent des mini conférences «verre en main» sur des curiosités captivantes de l’agriculture.

Bienvenue à la fête de l’abeille noire & des gastronomies traditionnelles & innovantes ! »

 

troispoints

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Leçon de chose (2): Le sens de la vie

On peut baser une leçon de choses sur à peu près n’importe quel sujet. Qu’il s’agisse d’un bouchon de liège, d’un ongle incarné ou de l’industrie pharmaceutique, tout l’art sera de bien s’en approcher en espérant que s’ouvre l’esprit.

Mais aujourd’hui je vais me pencher sur un animal très précis et relativement peu connu: le Cnemidophorus, un petit lézard, ou plutôt une petite lézarde. Elle a la particularité extrêmement rare, quasi unique pour un vertébré, de se reproduire par parthénogenèse. C’est-à-dire qu’il y a production de descendants sans fécondation. Cette espèce ne comprend donc que des femelles.

Ce n’est pas la première fois que j’évoque ce petit animal. A l’époque mon intérêt portait sur la richesse infinie des formes et des structures du vivant. Une richesse bien souvent éludée par une habitude très humaine de simplifier les choses.

Il est sans doute plus facile d’enseigner à nos chères têtes blondes (ou brunes) que: «tous les reptiles, sans aucune exception, se reproduisent par fécondation interne ce qui nécessite un véritable accouplement par copulation».

Plus facile certes, mais faux.

Vous me direz qu’il n’est peut être pas indispensable que tous les êtres humains soient au fait de toutes les exceptions aux grandes lois de la nature. C’est possible. Ce qui me semble moins sujet à débat, c’est que le manque de curiosité peut vite devenir dangereux. Sans cette curiosité vous pouvez vite aboutir à des absurdités comme par exemple: «l’homosexualité, ce n’est pas naturel!» ou à contrario: «le libéralisme, ça c’est naturel!».

Il y a des chances que ce que nous définissons comme des grandes constantes de la nature relèvent plus de la nécessité d’un contrôle social que de l’épanouissement de l’esprit.

L’exception est souvent la règle en biologie, c’est le premier apprentissage que j’ai reçu de ce petit lézard.

***

Mais que peut encore nous apporter l’observation de cet animal.

Si il n’y a pas copulation avec un individu mâle, des ébats amoureux et une simulation de copulation avec une autre femelle restent indispensables pour déclencher l’ovulation chez le (la) Cnemidophorus. Selon les scientifiques, ce serait un reliquat de l’époque où les ancêtres de ce petit lézard étaient des deux sexes: les mâles ayant progressivement disparus.

Le Cnemidophorus n’est pas un cas si unique que ça. Un autre reptile, le «Dragon de Komodo», peut se reproduire par parthénogenèse. Dans son cas, c’est de façon exceptionnelle. Si une femelle se trouve isolée dans un zoo par exemple, cela lui permettra de perpétuer l’espèce en produisant un nouvel individu mâle avec qui elle pourra se reproduire.

De notre point de vue la parthénogenèse est un peu risquée. Elle est a priori préjudiciable à la diversité génétique de l’espèce et donc à sa capacité à s’adapter aux changements du milieu.

C’est pourtant ce même milieu qui a vu naitre cette évolution, bien que l’on puisse s’interroger sur le pourquoi de celle-ci. Notre petit lézard a dû y voir «un intérêt», même s’il semble difficile de parler de vision à long terme dans son cas. La Dragonne de Komodo esseulée peut nous suggérer des éléments de réponses, mais cette évolution reste un peu mystérieuse et difficile à expliquer.

Quoiqu’il en soit notre Cnemidophorus ne semble pas trop mal se porter. Le Dragon de Komodo lui, risque fort de disparaître, mais c’est plus dû aux activités humaines qu’à un mauvais choix d’espèce.

***

Je me permets une petite parenthèse afin d’évoquer un autre reptile beaucoup moins exotique, en tous cas au niveau de son système de reproduction, la tortue marine.

Aux cours des millénaires les tortues, venues de l’eau comme toute vie, sont devenues des animaux terrestres. Sans doute pour échapper aux prédateurs et pour exploiter de nouvelles ressources alimentaires, certaines d’entre elles sont retournées dans la mer, un peu à la façon des cétacés qui sont d’anciens mammifères terrestres. Les tortues marines actuelles ne quittent la mer que pour pondre. L’incubation et l’éclosion se passent sur terre, en l’absence des parents. Les jeunes fraîchement nés se précipitent vers les flots. Seules les femelles reviendront sur ces plages.

A la différence des cétacés, les tortues marines ne se sont pas affranchies de ce lien à la terre.

Je ferme la parenthèse.

***

Cnemidophorus, Dragon de Komodo, Tortue de mer… Nous avons une petite idée de l’évolution de ces espèces et donc de leur passé. Mais quand est-il de leur présent? Que nous préparent-elles en cet instant pour les millénaires à venir?

La tortue marine trouvera t-elle une solution pour ne plus être obligée de revenir pondre à terre, ou est-elle occupée à redevenir terrestre?

Le dragon de Komodo va-t-il suivre l’exemple du Cnemidophorus et se passer définitivement de copulation pour procréer? Notre petite Lézarde retrouvera t-elle les joies de la fécondation?

Nous n’en savons rien.

Elles vivent, sans trop se préoccuper du sens [de la direction] de la Vie.

(à suivre)

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Leçon de chose (1): La rentabilité

“Si ceux qui prétendent aimer leurs enfants
parlaient sérieusement, aurions-nous des guerres?” *

Jiddu Krishnamurti

“La vérité est un pays sans chemin” comme le disait si bien mon ami Jiddu. J’aime bien l’appeler mon ami, bien qu’il soit mort depuis longtemps et que je ne l’ai jamais rencontré. Ça tient sans doute autant à ma conception de l’amitié qu’à sa conception de ce que peut être un maître à penser.

Vous ne trouverez donc ici, ni la vérité, ni le chemin pour y parvenir.

Par contre cet aphorisme m’invite à la promenade. Promenade que j’accomplirai seul ou en votre compagnie. Une promenade de mots et d’idées, dans un paysage que j’imagine ensoleillé et serein, un peu comme une leçon de choses.

Qui sait ce que nous rencontrerons? Ne pas avoir de chemin c’est aussi se perdre et accepter que le terrain soit plus ténébreux ou accidenté que prévu…

Mais commençons à cheminer.

J’aime bien Jiddu Krishnamurti. Je l’aime bien car il y a dans sa pensée, dans sa vie, son enseignement, quelque chose d’invendable, de fondamentalement irrécupérable.

Certes il y a toujours moyen de vendre des livres et des conférences, de créer quelques écoles ou de parler de lui dans un blog. Mais globalement sa parole et ses écrits clament haut et fort la difficulté d’en faire un produit.

J’apprécie tout particulièrement les pensées, objets et savoir-faire qui gardent une forte part de non-négociabilité, ou pour le dire autrement, une faible rentabilité.

Voici un exemple parmi tant d’autres, et ceci dans un tout autre domaine que celui de la spiritualité: le traitement des maladies bactériennes.

Il existe à l’heure actuelle deux grandes techniques pour soigner une infection bactérienne: l’antibiothérapie  et la phagothérapie.

Je ne vais pas entrer dans les détails, la littérature sur le sujet n’est pas trop mal faite. Ce que je peux vous dire sans trop me tromper c’est que l’antibiothérapie utilise un produit, une molécule qui est toxique pour une large catégorie de bactéries.

La phagothérapie, elle, utilise un virus précis, le prédateur naturel d’une seule espèce de bactérie. Je le qualifie de prédateur naturel, au sens où l’existence de ce virus maintient un équilibre au sein duquel il co-évolue avec sa proie.

La phagothérapie et l’antibiothérapie ont commencé à être scientifiquement étudiées et utilisées en Europe au début du XXe siècle.

Après une évolution plus ou moins conjointe jusque dans les années 50 leur développement s’est géographiquement divisé de part et d’autre du “Rideau de fer”.

En Occident l’antibiothérapie a eu l’essor que nous lui connaissons. Nous l’avons utilisée à toutes les sauces: à raison, à tort et à travers.

Nous l’avons même utilisée comme technique d’accélération de croissance du bétail.

Je m’explique: si vous limitez le nombre de bactéries dans l’intestin d’une vache grâce à des antibiotiques, vous limitez la consommation de sa nourriture par ces mêmes bactéries, il en reste donc plus pour la vache. Si en plus vous faites ça dès le plus jeune âge, vous conserverez des intestins très fins et très poreux, car peu endurcis par l’attaque de micro-infections. Cette paroi laisse alors passer une plus grande quantité de nutriments. C’est d’un double bénéfice à l’usage, avec un gain de 5 à 10% de masse corporelle sur une même période de croissance.

Théoriquement cette technique d’engraissement est interdite en Europe depuis 2006. Mais vous ne pouvez pas empêcher un éleveur de soigner ses bêtes.

Bref, les antibiotiques sont, et ont été, une bonne technique de soin et un business éminemment juteux.

La phagothérapie n’a pas connu le même destin.

Parallèlement à son abandon, voir à son interdiction formelle en Occident, elle a continué à se développer dans les pays de l’Union Soviétique. En Géorgie plus particulièrement, à Tbilisi, où se concentrent encore les recherches et le développement des savoir-faire liés à cette technique.

D’un emploi plus complexe, la phagothérapie nécessite une claire identification de l’agent bactérien: un virus bactériophage n’étant efficace que sur une espèce de bactérie précise. Les bactéries ayant un rythme de mutation relativement rapide, il est important de posséder et de maintenir à jour sa phagothèque, et de parfois confronter une mutante à d’autres virus afin de trouver un nouveau prédateur.

Un virus bactériophage n’est pas brevetable, sauf à modifier son code génétique, ce qui peut s’avérer contre productif en l’occurrence. De plus il faudrait réintroduire un brevet à chaque évolution conjointe du prédateur et de la proie.

Bref, demandant plus de travail que de capital, la phagothérapie, bien que d’une efficacité avérée est restée le parent pauvre de la lutte antibactérienne: pas assez rentable.

(à suivre)

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Du prix du miel

Je note au gré de mes pérégrinations que le prix de détail du miel au kilo peut varier sensiblement pour une même zone géographique, disons l’Europe.

Le miel de la Tour d’Argent: 200 g – 28,00 €
« Ce miel est extrait de nos ruches situées sur le toit du restaurant. Près de 200 000 abeilles travaillent tous les jours pour produire ce nectar d’exception, à la texture délicate et aux arômes subtils. 100 % naturel, notre miel mille fleurs saura accompagner votre petit déjeuner, sucrer une tisane ou pour vos préparations culinaires. »

Ça c’était en 2013. En 2014 La tour d’Argent baisse son prix, il n’est plus qu’à 25,00 € pour 200 g. C’est très étonnant… Sans doute un effet de la crise. Les spéculateurs en sont pour leurs frais. Sachez que le miel Kleinhoogveld ne fait qu’augmenter. Ce qui en fait un meilleur placement, quoi que personnellement je préfère le manger dans l’année. Le lien vers la boutique de la Tour d’Argent.

Le bien connu Miel des toits de l’Opéra de Paris, vu dans un article du LeParisien.fr:

Le miel de l’Opéra vaut de l’or – 03.09.2009
Les touristes s’arrachent ce petit pot au nectar doré. Même à 15€ les 125 g (soit le kilo à… 120 € !), le miel de l’Opéra de Paris cartonne. « C’est sans doute l’un des miels les plus chers au monde, avance un responsable de Fauchon de la Madeleine, qui a l’exclusivité de la vente avec les boutiques de l’Opéra . Mais il est tout à fait exceptionnel ! » Et 2 500 à 3 000 pots partent chaque année. (…/…) Le Parisien

Toujours au même prix en 2014. Le lien vers la boutique.

Et alors là, plus prosaïquement, trouvé dans une grande surface (que je ne citerai pas, car contrairement à ce qui précède,  je vais dire du mal de ce produit): Le miel « discount » un « mélange de miels originaires et non originaires de la CE » (ce qui veut tout et ne rien dire, mais qui est une vraie mention légale) à 1 € 38 les 500g. Pas de lien pour cet article – je veux faire de vieux os – il faudra me croire sur parole. En 2014 il passe à 1€39 les 500g, il y a du y avoir des revendications salariales… Je ne sais toujours pas si c’est du miel, ni si les éventuelles abeilles qui l’ont produit vont bien… Mystère…

A titre d’information, si vous nous avez acheté un pot de miel Klein Hoogveld, il vous en coûte à l’heure d’aujourd’hui 10 € pour 500gr. Oups! Vous l’avez reçu en cadeau? Pas grave c’est son prix de vente: autant savoir. Et pour comparer que ce qui est comparable, sachez que sa vente se fait en direct et qu’elle est déclarée au fisc.

Cher, pas cher, moins cher,… : les avis sont partagés mais ce n’est pas ce débat que je veux ouvrir. C’est encore moins les mérites des produits, voir des sous-produits cités (comme ce blog par exemple) que je veux jauger.

Donc pour résumer et grosso modo du fait de la disparité des conditionnements, des dates de parution et de la fluctuation générale des prix, nous avons:

Miel de la tour d’argent: ± 125 € le kilo : Bravo ! Palme d’Or (dépasse toujours le prix du miel de l’Opéra, mais en baisse par rapport à 2013).

Miel de l’Opéra de Paris: ± 120 € le kilo

Klein Hoogveld: ± 20 € le kilo

Miel discount:  ± 2,78 € le kilo

Je peux ajouter à cela qu’un apiculteur professionnel (Lozérien par exemple) qui aura la chance et le temps de faire de la vente directe peut espérer vendre son  miel « non mono floral » et géolocalisé (« toutes fleurs » ça ne veut rien dire… impossible d’avoir toutes les fleurs dans un miel)  au grand maximum autour de 20 € le kilo.

Ce qui nous donne un différentiel de 1 à 50 fois sur le prix au kilo.

Là encore comparons ce qui est comparable. Le miel discount personnellement je n’aime vraiment pas: je lui trouve au mieux le goût de mauvais caramel. Comme la mention légale le précise « clairement », il n’est pas géolocalisé. Dans le meilleur des cas c’est un mélange de miels de provenances diverses, éventuellement chauffés pour en réduire l’humidité pour cause d’extraction trop précoce et l’apiculteur qui l’a récolté ne doit pas vivre souvent en Europe. Mais bon, il y a marqué « Miel » sur le pot, nous pouvons espérer qu’il s’agit bien du travail de récolte de nectar par les abeilles et pas d’une digestion de sirop glucose/fructose.

Voilà, à nous de choisir.

Personnellement j’achèterais bien de ce bon miel (je l’ai goûté) à cet apiculteur des Cévennes qui ne transhume pas ses ruches et qui travaille dans les règles de l’art. Je payerais même volontiers plus cher.

Pourquoi payer plus cher me direz-vous? La réponse est simple. Faites le calcul avec moi. Vous verrez. C’est comme un problème de robinet:

Problème:
De combien de ruches doit disposer un apiculteur professionnel (travaillant en Europe pour rester réaliste) dont c’est le seul revenu et qui arrive à vendre toute sa récolte à 20 € le kilo pour pouvoir un jour espérer se payer un bon resto parisien ? Tenez compte qu’une ruche vide coute avec ses accessoires autour de 150€, un essaim coute autour de 80€, « qu’emprunter de l’argent coûte de l’argent », qu’en moyenne une ruche non transhumée peut donner en moyenne 15 kilos de miel par an et que le taux moyen de mortalité d’une colonie est en constante augmentation.

Vous êtes nul en problème de robinet? Moi aussi. Mais bon, faut pas être Einstein pour conseiller à cet apiculteur d’attendre quelques années avant de réserver une table.

Mise à jour 3/10/2015

troispoints

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Respire

Parfois mon regard s’arrête sur une abeille à la planche de vol (l’entrée de la ruche).

Les petits anneaux de son abdomen vont et viennent, à un rythme saccadé, à la manière d’une petite pompe. Je trouve ça très touchant.

Elle respire.

Ou plus précisément elle active sa respiration. Elle vient sans doute de fournir un gros effort ou bien son grand âge lui demande une sur-ventilation. Les deux, plus que probablement, l’abeille terminant sa vie par la tâche la plus éreintante: butiner.


Le système respiratoire (et circulatoire) de l’abeille

Cet article est dédié à celles et à ceux qui m’ont aidé,
m’aident et m’aideront à reprendre ma respiration.

Et oui, les abeilles respirent et, là encore, elles ne font pas ça tout à fait comme nous. Je vais essayer d’être synthétique et exact dans cette petite compilation. On ne s’intéresse sérieusement à la biologie de l’homme que depuis peu de temps. La biologie des insectes, on s’y consacre encore moins. Heureusement l’abeille, compte tenu de notre gourmandise, a bénéficié d’un traitement spécial. Mais bon, cela n’empêche pas les approximations et toutes sortes de trous dans ma connaissance. Vos corrections sont les bienvenues.

Pour rappel nous aspirons de l’air qui contient du dioxygène (O2, soit un gaz dont les molécules sont composées de deux atomes d’oxygène) et nous rejetons un autre gaz, du dioxyde de carbone (CO2, soit un atome de carbone prenant place entre nos deux atomes d’oxygène). Ces échanges gazeux assistent plus précisément à la respiration cellulaire. O2 va entrer en réaction chimique avec des éléments provenant de notre alimentation, du miel par exemple, ce qui fournira l’énergie nécessaire à nos cellules et permettra à notre organisme de fonctionner. Le CO2 est, quand à lui, le gaz résultant de cette réaction (d’oxydoréduction pour ne pas la nommer).

Et oui ! ce sont les mêmes gaz que l’on trouve à l’entrée et à la sortie d’un moteur à explosion ! Il doit y avoir un rapport, mais bon, ce n’est pas directement le sujet.

Les abeilles ont les mêmes besoins en ce qui concernent les échanges gazeux. La grande différence entre elles et nous, ce sont les poumons et les globules rouges. Les abeilles n’en ont pas.

Chez nous les poumons se chargent de mettre en contact l’air avec notre sang, au niveau de notre thorax. Les globules rouges du sang se chargent de la plupart des transports gazeux.

Ils se comportent comme des petits containers qui, grâce au système circulatoire, font office de pourvoyeurs d’O2 et de CO2. Ce qui permet à un muscle du petit orteil, par exemple, d’avoir en permanence toujours un peu d’O2 sous la main, tout en étant relativement loin du poumon. Au passage le dit orteil peut simultanément transmettre du CO2 au dit globule. CO2 dont ces petites cellules musculaires ont bien envie de se débarrasser.

Vous avez déjà dû en entendre parler et ce petit schéma devrait vous rafraîchir la mémoire. En bleu l’air, en rouge le sang. C’est très simplifié et il existe de bien meilleurs schémas sur la toile. Mais pour ce qui nous intéresse, c’est suffisant:

Schéma 1

Pas de poumons chez les abeilles? Mais comment font-elles ?

Pour schématiser, leur système respiratoire ressemble un peu à notre système circulatoire dans le sens où il va partout. Par des ouvertures (les stigmates) de part et d’autre du thorax et de l’abdomen, des sacs aériens, des trachées et des trachéoles mettent directement en contact l’air avec les organes et les cellules. Cela sans intermédiaires, jusqu’au bout de la papate, où son petit muscle reçoit son O2 . Un peu comme un gant dans un gant, les trachées sont des prolongements de son exosquelette retournés dans son exosquelette.

Schéma 2

Pas de poumons, pas d’intermédiaires, donc pas de globules rouges. Et oui les abeilles ont un sang de navet (blanc transparent, nous le nommons hémolymphe) où on retrouve plus ou moins les mêmes composants que dans notre sang en dehors des globules. Il sert à peu près à la même chose que chez nous (transport des substances énergétiques, des anticorps, etc.) mais assiste très peu aux échanges gazeux.

Trois petits trucs marrants en rapport avec ces différences avant de conclure. Sans l’anecdotique, la vie ne serait vraiment pas drôle.

  1. Rouge: Les globules rouges sont rouges car le transport de O2 se fait en oxydant des particules ferreuses. Un peu comme la rouille qui est rouge. C’est la couleur de l’oxyde de fer. A ma connaissance, rien à voir avec la sauce marseillaise bien connue, mais je n’ai pas vérifié.
  2. Hémorragie: L’abeille est en état d’hémorragie interne permanente. Et oui tous ses organes baignent dans son hémolymphe qui ne peut pas s’échapper de son exosquelette étanche. Si je reprends l’image des deux gants l’un dans l’autre, et que nous imaginions ces deux gants soudés entre eux au niveau de leur entrée, l’hémolymphe et les organes sont entre les deux épaisseurs de gant.
    C’est par contact direct avec les organes que les échanges sanguins se font. Elle possède tout de même un petit système circulatoire « ouvert »: une veine et un cœur. Il pompe l’hémolymphe au niveau de l’abdomen et le déverse dans la tête, histoire que tous les bons nutriments ne traînent pas toujours au même endroit.
  3. Petite taille: Cette mise en contact directe de l’air avec chaque organe du corps n’est un système respiratoire efficace que sur des distances millimétriques, paraît-il. Ce qui fait que vous ne trouverez d’abeilles géantes que dans l’imaginaire. Elles resteront petites*.

Voilà, nous retrouvons notre abeille sur sa planche d’envol qui contracte son abdomen afin de faciliter la circulation de l’air, à la manière d’un petit soufflet. Elle n’est pas obligé de faire ça au repos, la diffusion se fait d’elle même, mais après un gros effort, ça aide.

Elle respire.

Un grand détour pour finalement se retrouver à notre point de départ. Vous êtes déçus ? C’est pourtant le principe même de la promenade. Ça fait du bien de prendre un bon bol d’air!

Non?

____________

* Tous les insectes respirent comme ça, mais l’exception reste la règle en biologie. La larve du Chironomidae, par exemple, possède de l’hémoglobine. Elle est, bien entendu, de couleur rouge, mais, ne vous inquiétez pas, elle ne mesure pas 1m80.

Sources principales: Wikipedia: Anabolisme, CatabolismeMétabolisme, Respiration, Respiration de l’insecte, Hémoglobine, Dioxygène, Dioxyde de carbone, etc. La respiration et la circulation chez l’abeille, Laszlo DeRoth, D.M. V., M.Sc., Ph.D. et Sylvie D’Allaire D.M.V., La biologie de l’abeille, Mark L. Winston. Merci à François à qui j’ai emprunté la silhouette pour le schéma 1: elle me rappelle quelqu’un.

 

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La disparition en silence des abeilles sauvages

Voici une interview radiophonique (lien à refaire – me contacter) de Pierre Rasmont par Alexandre Wajnberg, mise en onde par Nathalie Jacquemin.

Il est question des abeilles dites « solitaires » et/ou « sauvages » et de leur disparition. Comment elles ont été confrontées à l’histoire de nos habitudes « alimentaires » (industrialisation de l’agriculture, systématisation de l’usage des engrais azotés, développement du secteur agro-alimentaire) et comment ces habitudes associées au réchauffement climatique ont entrainé leur perte. Nos abeilles mellifères bénéficient dans le meilleur des cas de l’attention de l’apiculteur et des médias, ce n’est pas le cas des abeilles solitaires qui disparaissent (presque) en silence.

Ce ne sont pas que des bonnes nouvelles, vous écouterez par vous-mêmes. Mais pour agir il faut savoir, et c’est si bien raconté… « Il faut prendre du plaisir à tout ce qu’on fait » comme le dit si justement Pierre Rasmont.

Mais bon il est plus que temps de leur laisser la parole.

(lien à refaire – me contacter)

Je remercie Pierre, Alexandre et Nathalie pour m’avoir permis de mettre en ligne cette émission. Elle a était diffusée pour la première fois en novembre 2009 sur Radio Campus, mais elle n’a rien perdu de son intérêt et de sa vigueur.

Je les remercie surtout pour leur engagement dans leur travail.

Qu’ils me corrigent si je me trompe:

Pierre Rasmont est directeur du laboratoire de zoologie de l’université de Mons en Belgique – spécialiste de l’étude des insectes pollinisateurs.

Alexandre Wajnberg – journaliste scientifique – et Nathalie Jacquemin – responsable de la mise en onde – concoctent (entre autres choses) une de mes émissions radiophoniques favorites: « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme, oui mais conscience sans science n’est qu’un vilain gros mot » sur Radio Campus. Retrouvez-les en Podcast ici (écoute à la demande via internet).

Bonne écoute !

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Alimentaire, ma chère…

L’alimentation c’est très important. On en parle beaucoup, nous les hommes. « Mangez sain ! Mangez 5 fruits et légumes par jour après vous être enfilé une paire de  barres chocolatées saturées en graisses et en sucres !  Ne mangez pas trop ! Mangez le matin ! Faites un régime ! Ne faites surtout pas de régime ! » etc.

On en oublierait presque le pourquoi de l’importance de l’aliment. L’alimentation c’est de la vie à l’état pur. La vie de l’aliment – issu du vivant en général – et la vie de celui qui s’alimente. C’est élémentaire. Vous pouvez supprimer votre écran plat, vos vacances à Ibiza, votre Smart phone. Si vous supprimez votre tartine… vous êtes mort.

Ce qui est assez surprenant c’est que pour l’être humain occidental moyen, c’est devenu apparemment le dernier de ses soucis. Notre alimentation aujourd’hui, c’est beaucoup d’engrais et peu d’amour. Ça se termine souvent par une passe furtive entre deux portes de supermarché.

Pour les abeilles la question ne se pose pas. Elles ne partent pas à Ibiza. Leur alimentation est leur premier souci.

Que mangent les abeilles ?

Et bien c’est presque la même chose que nous, elles ont besoin d’à peu près les mêmes composants organiques:

  • Des protides: le pollen. Ce sont des protéines végétales, c’est la nourriture principale des jeunes, des larves. Pour la croissance. Importance capitale pour le développement de la colonie au printemps et tout au long de la saison.
  • Des glucides: le miel. C’est du nectar transformé et évaporé. Il est destiné pour la plus grande part à l’activité des adultes. Il leur sert de carburant pour le vol et de carburant pour maintenir la climatisation de la ruche (entre min. 15° en plein hiver et max. 37°en plein été)*. C’est aussi à partir du miel que les abeilles sécrètent de la cire, des lipides. Celle-ci leur sert de matériau de construction et de stockage – les rayons. Par contre, les abeilles ne mangent pas gras.

Les abeilles produisent de grandes quantités de miel. C’est une denrée stratégique:

  1. pour la reproduction – pour fonder une nouvelle colonie. Un essaim (la moitié des abeilles d’une colonie existante) part de la ruche, gorgé de miel qu’elles transformeront en cire pour construire un nouveau nid.
  2. pour passer l’hiver – le chauffage. La reine vit cinq ans et n’hiberne pas. Elle est nourrie uniquement par des secrétions produites par les abeilles ouvrières: la gelée royale. Tout ce petit monde doit rester vivant par des températures extérieures négatives. Nous trouvons des apiculteurs professionnels et des abeilles jusqu’en Finlande. Celle-ci vivent dans des ruches ni plus ni moins isolées que celles du sud de la France.

Comment est structurée une colonie?

Là rien ne vaut un petit schéma. Qu’il s’agisse d’une ruche ou d’une anfractuosité naturelle ou artificielle, la colonie se retrouve autour et au sein d’une structure composée de rayons de cire, qui forment des « plaques » plus ou moins parallèles entre elles. Elles sont elles mêmes composées d’alvéoles contenant du couvain (des larves), du pollen ou du miel.

Le schéma ci-dessus montre une coupe de ruche à 10 cadres (rayons). C’est un peu moins géométrique et un peu plus organique, mais on peut dire qu’une ruche en pleine croissance (avril-mai en Belgique) ressemble idéalement à ça. Du couvain sur 6 cadres, entouré de pollen et de miel. A ce stade la colonie est prête à se reproduire et stocke en hauteur de grandes quantités de miel. Elles ne sont pas représentées sur le schéma, mais l’apiculteur « moderne » place en général sur cette boite principale (la ruche) des boites avec des rayons supplémentaires (les hausses) qui contiendront quasi exclusivement du miel destiné a être récolté.

Voilà pour cette première partie. Quand nous prenons du miel aux abeilles nous leur prenons de la vie. C’est essentiellement sur la part destinée à se reproduire et se multiplier que nous nous servons. Sur la part qui leur servira à survivre aux rigueurs du froid, il vaut mieux avoir la main douce, car même si nous leur donnons en échange un peu de sirop de sucre, ce n’est pas la même chose.

Vous en doutez ? Essayez la tartine au sucre blanc de betterave le matin. Vous ne passerez pas l’hiver.

(à suivre)

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*La chaleur au sein de la ruche est produite par les contractions répétées des muscles des ailes sans mouvement de celles-ci. Elles font « vrombir leur moteur à l’arrêt », si vous préférez, augmentant ainsi la température de leur corps et donc de toute la colonie. En été elles vaporisent de fines gouttes d’eau qu’elles ventilent et font circuler entre les rayons pour abaisser cette température.

troispoints

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